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Jìngtíng lǜ xuě

Jìngtíng lǜ xuě · 敬亭绿雪

Jingtinglüxue est l'un des thés verts historiques les plus anciens de Chine, créé sous la dynastie Ming et ayant obtenu le statut de thé tributaire (gongcha) sous les cours Ming et Qing. Ce thé, dont la technologie fut perdue à la fin de l'époque Qing et restaurée seulement en 1978, fait partie du trio des grands thés…

Jingtinglüxue est l’un des thés verts historiques les plus anciens de Chine, créé sous la dynastie Ming et ayant obtenu le statut de thé tributaire (gongcha) sous les cours Ming et Qing. Ce thé, dont la technologie fut perdue à la fin de l’époque Qing et restaurée seulement en 1978, fait partie du trio des grands thés de la province d’Anhui aux côtés du Huangshan Mao Feng (黄山毛峰) et du Liu An Gua Pian (六安瓜片). Son nom poétique — « Neige verte du mont Jingting » — le thé l’a obtenu grâce au duvet blanc (bai hao) qui, lors de l’infusion, tourbillonne dans la tasse comme des flocons de neige.

1. Classification et Origine :

  • Type : Thé vert (non fermenté), hongqing (烘青, hōngqīng) — séché par méthode de chauffage (séchage au four).
  • Catégorie : Thés célèbres historiques de Chine (历史名茶, lìshǐ míngchá).
  • Origine : Chine, province d’Anhui (安徽, Ānhuī), préfecture de Xuancheng (宣城, Xuānchéng), district de Xuanzhou (宣州区, Xuānzhōu Qū), mont Jingtingshan (敬亭山, Jìngtíng Shān). Le cœur de la production est concentré sur le pic principal Yifeng (一峰, Yī Fēng) et les jardins de thé adjacents — Mingxiangtai (茗香台), Shangshiba (上十坝) et d’autres parcelles sur les versants ombragés à une altitude de 300–500 mètres.
  • Coordonnées géographiques : Approximativement 31°00′ de latitude nord, 118°40′ de longitude est.

2. Histoire et Signification Culturelle :

  • Histoire : Jingtinglüxue fut créé sous la dynastie Ming (1368–1644). Pendant la période des dynasties Ming et Qing, le thé fut inclus dans le registre des thés tributaires de la cour impériale. Selon les « Annales du district de Xuancheng » (《宣城县志》, Xuānchéng Xiànzhì), pendant la période Ming-Qing, 300 jin (environ 150 kg) de ce thé étaient envoyés annuellement à la cour. À l’époque Kangxi, le poète et érudit Shi Runzhang (施闰章, Shī Rùnzhāng) célébra ce thé en vers, consolidant sa renommée littéraire. À la fin de l’époque Qing, la technologie de production fut perdue. En 1972, la fabrique de thé du mont Jingtingshan (敬亭山茶场) commença le travail de restauration de la recette, et en 1978 la technologie fut recréée avec succès. En 1976, le célèbre littérateur et personnalité publique Guo Moruo (郭沫若, Guō Mòruò) écrivit de sa propre main l’inscription calligraphique « Jingtinglüxue », qui devint la carte de visite du thé. En 1983, le thé reçut un certificat d’honneur du ministère des Relations économiques extérieures de la RPC. En 2010, la technologie de fabrication du Jingtinglüxue fut incluse dans le registre du patrimoine culturel immatériel de la province d’Anhui. La méthode de cueillette et de traitement de ce thé entra dans les manuels officiels universitaires de spécialité théière.

  • Nom : Chaque composant du nom porte une charge sémantique. « Jingting » (敬亭) — nom de la montagne ; initialement elle s’appelait Zhaotingshan (昭亭山, Zhāotíng Shān), mais au début de la dynastie Jin occidentale (266 apr. J.-C.) fut renommée pour éviter le tabou sur le nom de l’empereur Sima Zhao (司马昭). « Lü » (绿, lǜ) — « vert », indique la couleur des bourgeons et feuilles de thé. « Xue » (雪, xuě) — « neige », décrit le duvet blanc (bai hao) recouvrant abondamment les feuilles de thé, qui lors de l’infusion se détache et tourbillonne dans l’eau, créant l’effet de flocons de neige qui tombent. Il existe aussi une légende populaire : selon elle, Lüxue (« Neige Verte ») était le nom d’une jeune artisane qui faisait un thé extraordinaire. Fuyant les avances d’un fonctionnaire local, elle se jeta d’une falaise, et les feuilles de thé qui se répandirent de son panier poussèrent sur toute la pente de la montagne. Les gens nommèrent le thé de son nom en sa mémoire.

  • Signification culturelle : Le mont Jingtingshan est l’une des « montagnes poétiques » (诗山, Shī Shān) les plus célèbres du Sud de la Chine. Elle fut célébrée dès le poète des Qi du Sud Xie Tiao (谢朓, Xiè Tiǎo, 464–499), et le grand Li Bai (李白, Lǐ Bái) monta sept fois sur cette montagne et laissa 45 poèmes, dont l’immortel « Assis seul sur le mont Jingting » (《独坐敬亭山》). Pendant plus de mille ans — de l’époque des Six Dynasties aux Qing — la montagne fut chantée par plus de 300 littérateurs, incluant Bai Juyi, Du Mu, Ouyang Xiu, Huang Tingjian, Su Shi et Wen Tianxiang. Le thé, né sur les pentes de cette montagne légendaire, fut dès le début inséparablement lié à la tradition littéraire. Le poète des Qing Shi Runzhang écrivait à son sujet : « Je verse dans la porcelaine blanche — impossible de distinguer de [l’eau pure], comme si le parfum des fleurs était emporté par un ruisseau de montagne ». L’artiste Mei Geng (梅庚, Méi Gēng) louait aussi le thé, notant que sa « couleur ressemble à l’eau d’automne, et son goût à l’orchidée ». Jingtinglüxue avec Huangshan Mao Feng et Liu An Gua Pian compose le « trio canonique des grands thés d’Anhui » (安徽三大名茶).

3. Description Botanique et Matière Première :

  • Variété / Cultivar : Le cultivar principal est Xuancheng Jianye (宣城尖叶, Xuānchéng Jiānyè) — variété séminale reconnue au niveau national (国家级有性系良种). C’est une forme arbustive (Camellia sinensis var. sinensis) avec des feuilles de taille moyenne, un port de buisson semi-étalé. Les jeunes pousses sont de couleur jaune-vert, densément couvertes de duvet. La masse de 100 bourgeons du standard « bourgeon + trois feuilles » est d’environ 64 g. Le cultivar se distingue par une haute résistance au froid et à la sécheresse, ainsi qu’une tendreté prolongée des pousses (持嫩性强, chí nèn xìng qiáng).
  • Cueillette : La cueillette se fait annuellement de la période Qingming (清明, Qīngmíng, début avril) à Guyu (谷雨, Gǔyǔ, mi-fin avril). Standard de cueillette — « une feuille embrasse un bourgeon » (一叶抱一芯) : bourgeon non éclos ou à peine éclos avec une jeune feuille d’environ un cun (寸, ~3,3 cm) de longueur.
  • Standard de cueillette : Pour la classe spéciale (teji) — exclusivement bourgeons isolés ou bourgeons avec la première feuille non ouverte ; pour la première classe — bourgeon avec une feuille ; pour la seconde — bourgeon avec deux feuilles commençant à s’ouvrir. Les exigences de cueillette se formulent par quatre caractères : « nen, jun, jing, qi » (嫩、均、净、齐) — tendreté, uniformité, propreté, régularité.
  • Exigences pour la matière première : Seulement jeunes pousses non endommagées sans feuilles grossières, uniformes en taille, libres d’odeurs étrangères et d’impuretés.

4. Terroir et Particularités de Culture :

  • Climat et relief : Le mont Jingtingshan est situé dans la zone de transition entre les régions montagneuses du Sud d’Anhui (皖南山区) et la plaine côtière du fleuve Yangtsé. Le climat est subtropical avec quatre saisons clairement marquées. La température moyenne annuelle est de 15–16,8 °C. Les précipitations annuelles — 1500–2000 mm. La période sans gel — plus de 220 jours. L’humidité moyenne annuelle de l’air dépasse 80%. La couverture forestière sur Jingtingshan atteint 96,3%, grâce à quoi les théiers reçoivent principalement une lumière diffuse, ce qui favorise l’accumulation d’acides aminés et supprime la formation de fibres grossières dans les pousses.
  • Altitude de croissance : Les principaux jardins de thé sont situés à une altitude de 300–500 mètres au-dessus du niveau de la mer. La matière première la plus précieuse est cueillie sur les versants ombragés (nord) près du pic principal.
  • Sols : Les sols sont formés par l’altération du grès. Réaction — faiblement acide (pH 4,5–5,0), avec une haute teneur en humus et éléments minéraux, incluant sélénium et iode. Cette composition assure au thé un profil minéral riche et contribue à la formation de l’arôme caractéristique.

5. Technologie de Production :

La production de Jingtinglüxue comprend six étapes successives. La particularité clé — la technique manuelle de façonnage « dateng litiao » (搭拢理条, dā lǒng lǐ tiáo), créant la forme caractéristique de « languette de moineau », ainsi que le séchage final sur charbons de bois de sophora (槐炭烘笼, huáitàn hōnglóng), fixant l’arôme et assurant la stabilité lors du stockage.

  1. Étalement de la feuille fraîche (鲜叶摊放, xiānyè tānfàng) : La matière première cueillie est étalée en couche mince sur des plateaux de bambou pendant 2–3 heures pour l’élimination naturelle de l’humidité excessive et l’éveil de l’arôme.
  2. « Kill-green » (杀青, shāqīng) : Effectué dans un wok à une température de 130–140 °C. Pour chaque charge — 200–250 g de matière première. Les 2 premières minutes, la feuille est énergiquement secouée (抖, dǒu), puis on alterne secouage et étuvage bref (闷, mèn). Le contrôle précis de la température est critique : la surchauffe donne un goût brûlé, le sous-chauffage — une odeur d’herbe crue. Après fixation, la feuille est étalée pour refroidissement.
  3. Façonnage (做形, zuòxíng) : Effectué à une température de ~60 °C. On utilise la technique manuelle « dateng litiao » (搭拢理条) : le maître travaille avec quatre doigts et le pouce simultanément, retenant les feuilles de thé dans la paume et formant des « languettes » lisses et droites. La pression est régulée selon le principe « léger — fort — léger » (轻-重-轻), ce qui prévient l’assombrissement et la casse des bourgeons.
  4. Séchage primaire (毛烘, máo hōng) : Commence à 110 °C avec diminution graduelle de température (梯度降温, tīdù jiàngwēn). Cette étape fixe la forme et élimine la majeure partie de l’humidité restante.
  5. Séchage final (足烘, zú hōng) : Effectué à 60 °C sur feu bas « sombre » (暗火慢烘, ànhuǒ mànhōng) jusqu’à une teneur en humidité ≤5%. C’est précisément à cette étape qu’on utilise les paniers à charbon de sophora, qui donnent au thé le ton caractéristique de châtaigne dans l’arôme.
  6. Tri (分级, fēnjí) : Le thé fini est trié par taille, intégrité et quantité de duvet, divisé en quatre classes.

6. Caractéristiques Organoleptiques :

  • Aspect de la feuille sèche : Les feuilles de thé ont la forme de « languette de moineau » (雀舌形, quèshé xíng) — droites, denses, légèrement aplaties, élastiques au toucher. Couleur — vert émeraude saturé avec abondant duvet blanc, par endroits avec reflet doré (teji, 特级). La feuille ne contient pas de fragments ni de poussière. Le thé de qualité supérieure se distingue par une densité particulière de roulage et un éclat vif.
  • Arôme de la feuille sèche : Note prédominante — châtaigne grillée (板栗香, bǎnlì xiāng), complétée par des tons d’orchidée (兰花香, lánhuā xiāng). Selon le microclimat de la parcelle peut aussi se manifester l’arôme de fleurs de chèvrefeuille (金银花香, jīnyínhuā xiāng). Arôme frais, pur, persistant.
  • Arôme de l’infusion : Saturé et durable, avec un noyau de châtaigne clairement exprimé, des harmoniques florales et une base « verte » fraîche. Lors du refroidissement de la tasse se révèlent des nuances de miel et de noix.
  • Goût : Frais (鲜爽, xiānshuǎng), doux et harmonieux (醇和, chúnhé), avec une douceur distincte (甘, gān) et un arrière-goût sucré de retour prolongé (回甘, huígān). Corps de densité moyenne, sans amertume ni astringence excessive lors d’une infusion correcte. Le thé de classe spéciale révèle en plus une nuance de fèves fraîches et de crémeux.
  • Couleur de l’infusion : Vert tendre avec nuance jaunâtre (嫩绿明亮, nèn lǜ míng liàng), transparent et pur. Lors de l’infusion dans un verre transparent, on voit bien comment les duvets blancs se détachent de la feuille et tourbillonnent dans l’eau, créant le célèbre effet de « neige verte ».
  • Marc de thé (feuille infusée) : Feuilles et bourgeons tendres, élastiques, vert vif, rassemblés en « bouquets » denses (成朵状, chéng duǒ zhuàng). La coloration uniforme et l’intégrité de la feuille témoignent de la qualité de la matière première et du traitement soigneux.

7. Composition Chimique :

Le thé se distingue par une haute teneur en substances biologiquement actives, due aux sols riches en humus et aux conditions optimales de lumière diffuse.

  • Polyphénols (catéchines) : La teneur en polyphénols du thé est de 31,1% — significativement supérieure à la moyenne pour les thés verts. Principales catéchines — épigallocatéchine-3-gallate (EGCG), épicatéchine-3-gallate (ECG), épigallocatéchine (EGC). Teneur totale en catéchines — 14,7%. L’activité antioxydante des polyphénols de ce thé, selon les estimations, dépasse 18 fois celle de la vitamine E.
  • Acides aminés : Teneur en acides aminés libres — 4,3%, ce qui est un indicateur élevé pour les thés verts. La part principale revient à la L-théanine (L-茶氨酸, L-chá’ānjīsuān), assurant la douceur caractéristique, la plénitude de goût semblable à l’umami et l’effet synergique avec la caféine pour un « éveil doux ».
  • Alcaloïdes : Caféine (咖啡碱, kāfēi jiǎn) — principal composant tonifiant, travaillant conjointement avec la L-théanine. Sont aussi présents théobromine et théophylline.
  • Vitamines : Vitamine C (acide ascorbique) — dans la matière première fraîche la teneur est élevée, partiellement préservée grâce au séchage au four ménageant. Vitamines du groupe B (B₁, B₂). Vitamine K.
  • Minéraux : Potassium, manganèse. On note une teneur en fluor dans la gamme 200–300 ppm, ce qui contribue au renforcement de l’émail dentaire. La composition du sol assure la présence d’oligo-éléments — sélénium et iode.
  • Huiles essentielles : Le profil aromatique se forme lors de la fixation (shaqing) et du séchage final au charbon. Les principaux composés aromatiques incluent pyrazines (notes de châtaigne), linalol et géraniol (tons floraux).

8. Propriétés Bénéfiques :

  • Protection antioxydante : La haute teneur en catéchines (31,1% de polyphénols) assure une puissante action neutralisante sur les radicaux libres, soutenant la santé cellulaire et ralentissant les processus de vieillissement oxydatif.
  • Effet tonifiant doux : La caféine en combinaison avec la L-théanine crée un état de concentration calme sans pics et chutes d’énergie brutaux, caractéristiques du café.
  • Soutien des fonctions cognitives : La L-théanine stimule la génération d’ondes alpha du cerveau, améliorant la concentration de l’attention, la vitesse de réaction et la clarté de pensée.
  • Soutien de la digestion : Les polyphénols et tanins stimulent la sécrétion d’enzymes digestives et facilitent la digestion des aliments gras. Traditionnellement ce thé se boit après les repas.
  • Soutien cardiovasculaire : Les catéchines contribuent à la diminution du niveau de cholestérol oxydé (LDL), soutiennent l’élasticité des parois vasculaires et la normalisation de la pression artérielle lors de consommation régulière.
  • Renforcement de l’émail dentaire : La teneur en fluor de 200–300 ppm en combinaison avec l’action antibactérienne des catéchines (suppression de la croissance des bactéries cariogènes Streptococcus mutans) aide à prévenir les caries.
  • Soutien du métabolisme : Les catéchines et la caféine activent conjointement la thermogenèse et stimulent l’oxydation des graisses, contribuant au maintien d’un poids sain.

9. Infusion :

  • Température de l’eau : 80 °C (eau bouillante refroidie 3 minutes). Important de ne pas dépasser 85 °C — la surchauffe détruit la chlorophylle, causant le jaunissement de l’infusion et l’apparition d’amertume.
  • Quantité de thé : 3 g pour 150 ml d’eau (rapport 1:50). Pour la méthode gongfu — 5 g pour 120 ml.
  • Ustensiles : Verre transparent (recommandé pour la première découverte — permet d’observer l’effet de « neige volante ») ; gaiwan en porcelaine blanche (盖碗, gàiwǎn) — optimal pour évaluer l’arôme. Théière Yixing non recommandée : l’argile poreuse peut atténuer le délicat arôme de châtaigne.
  • Processus :
    1. Réchauffez le verre ou gaiwan avec de l’eau chaude, puis videz.
    2. Versez le thé au fond de l’ustensile (méthode de versement par le bas, 下投法, xiàtóu fǎ).
    3. Pour un thé vert délicat, le rinçage n’est pas obligatoire. Si désiré, on peut effectuer un rinçage rapide « d’éveil » : versez 1/3 du volume d’eau, balancez le verre, laissez la feuille absorber l’humidité 10–15 secondes (摇香润茶, yáo xiāng rùn chá), puis complétez.
    4. Première infusion — 1–2 minutes. Verser l’infusion ou commencer à boire, laissant un tiers du liquide dans le verre.
    5. Deuxième et troisième infusions — augmentez le temps de 30 secondes. Un Jingtinglüxue de qualité supporte 3 infusions, conservant arôme et douceur.

10. Conservation :

Jingtinglüxue, comme la plupart des thés verts délicats, est sensible à l’oxydation, l’humidité et aux odeurs étrangères. Conditions optimales — emballage hermétique (sachet sous vide ou boîte métallique bien fermée) à une température de 0–5 °C au réfrigérateur. Avant ouverture, l’emballage du réfrigérateur doit être maintenu à température ambiante 1–2 heures sans l’ouvrir — ceci prévient la condensation d’humidité sur les feuilles de thé. Après ouverture, il est recommandé de consommer le thé dans les 2–4 semaines. Durée totale de conservation en emballage hermétique à température appropriée — jusqu’à 12 mois. Il est remarquable que les maîtres conseillent d’attendre environ deux semaines après production avant la première dégustation : pendant ce temps se dissipe la « nature de feu » (火气, huǒqì), et le goût devient plus doux et rond.

11. Prix et Contrefaçons :

Jingtinglüxue est un thé à volume de production limité et identité régionale prononcée, ce qui détermine son coût relativement élevé. Le thé de classe spéciale (teji) est évalué à partir de 1200 yuans par jin (500 g) et plus ; les première et seconde classes sont significativement plus accessibles. Principaux facteurs influençant le prix : époque de cueillette (matière première pré-Qingming plus chère), classe/grade, part de travail manuel et réputation du producteur.

Comment éviter les contrefaçons :

  • Forme de la feuille : Le vrai Jingtinglüxue a la forme caractéristique de « languette de moineau » — feuilles de thé droites, denses, non déformées avec abondant duvet blanc. Les contrefaçons paraissent souvent plus lâches, avec taille non uniforme et fragments cassés.
  • Arôme : L’arôme naturel de châtaigne avec harmoniques florales — signe clé. L’absence de note de châtaigne, odeur de « foin » ou de moisi indiquent une qualité faible ou substitution par matière première d’autres régions.
  • Infusion : Transparente, vert tendre, sans trouble. Présence de « duvet volant » — bon signe. Infusion trouble ou jaune foncé témoigne de matière première ancienne ou de qualité médiocre.
  • Prix : Coût suspicieusement bas (moins de 300–400 yuans par jin pour un « teji » positionné) — quasi-garantie de substitution.
  • Source : Il est recommandé d’acheter chez des vendeurs vérifiés avec information transparente sur géographie et date de récolte. Depuis 2010, la technologie de fabrication est protégée par le statut de patrimoine immatériel de la province d’Anhui.

12. Faits Intéressants :

  • Le mont Jingtingshan, où pousse ce thé, est appelé « Montagne Poétique du Sud de la Chine » (江南诗山). Le grand poète Li Bai lui consacra 45 poèmes et y monta sept fois dans sa vie. Sa dernière visite eut lieu en 761, un an avant sa mort.
  • Lors de l’infusion dans un verre transparent, Jingtinglüxue crée un spectacle unique : les duvets blancs se détachent des feuilles de thé et tourbillonnent dans l’eau, rappelant des flocons de neige dans une forêt verte. C’est précisément cet effet visuel qui donna au thé son nom poétique.
  • Le nom de la montagne Jingting sonnait initialement comme Zhaoting (昭亭), mais fut changé en 266 à cause du tabou sur le nom du fondateur de la dynastie Jin occidentale — Sima Zhao. C’est un des exemples les plus connus de « tabouisation des noms » historique (避讳, bìhuì) dans la toponymie chinoise.
  • La technologie « Cueillette et traitement de Jingtinglüxue » fut incluse dans les programmes d’enseignement nationaux universitaires de spécialité théière — seul thé de Xuancheng honoré de cet honneur.
  • La couverture forestière sur le mont Jingtingshan constitue 96,3%, ce qui crée un microclimat unique : lumière diffuse abondante et humidité élevée stable permettent aux théiers d’accumuler des acides aminés avec formation ralentie de polyphénols — d’où la douceur et tendreté caractéristiques de ce thé.

13. Comparaison avec d’autres thés verts d’Anhui :

  • Huangshan Mao Feng (黄山毛峰, Huángshān Máo Fēng) : Provient du massif montagneux Huangshan au sud d’Anhui, altitudes 700–1200 m. La feuille a une forme légèrement enroulée avec « feuille-poisson » dorée-jaune (鱼叶金黄). Arôme — orchidée-floral, plus léger et élevé que le ton châtaigne de Jingtinglüxue. Le goût se distingue par une fraîcheur prononcée et pureté avec moins de densité de corps.
  • Liu An Gua Pian (六安瓜片, Liù’ān Guā Piàn) : Unique car fabriqué exclusivement à partir de limbes foliaires (sans bourgeons ni pétioles). Forme — plate, rappelant les graines de tournesol. Arôme — grillé, de noix, avec « nature de feu » plus prononcée. Goût plus corsé et saturé. Contrairement à Jingtinglüxue, ici l’effet visuel du duvet blanc est absent.
  • Taiping Hou Kui (太平猴魁, Tàipíng Hóu Kuí) : Thé vert à grandes feuilles du district Taiping (maintenant district Huangshan). Feuilles de thé — longues (jusqu’à 7 cm), plates, avec dessin réticulé caractéristique. Arôme — orchidée persistant. Par taille et forme — opposé complet aux miniatures « languettes de moineau » de Jingtinglüxue.
  • Jiuhua Mao Feng (九华毛峰, Jiǔhuá Máo Fēng) : Produit près de la montagne sacrée Jiuhuashan. Standard de cueillette et technologie proches de Jingtinglüxue, mais arôme plus herbacé, note châtaigne moins exprimée. Association culturelle — bouddhiste, en opposition à l’identité « poétique » de Jingtinglüxue.

14. Grades et classification de Jingtinglüxue :

  • Classe spéciale (特级, tèjí) : Exclusivement bourgeons isolés ou standard « bourgeon + première feuille non ouverte ». Forme — « languettes de moineau » droites, fines, impeccables. Duvet doré couvre au moins 80% de la surface. Arôme — châtaigne vive avec harmoniques d’orchidée. Goût — maximalement frais, sucré, avec huigan prononcé. Infusion — vert tendre, transparente. Prix — à partir de 1200 yuans par jin.
  • Première classe (一级, yī jí) : Standard « un bourgeon — une feuille ». Feuilles de thé vert émeraude avec duvet. Arôme — pur, persistant, châtaigne. Goût — doux, harmonieux.
  • Seconde classe (二级, èr jí) : Standard « bourgeon + deux feuilles commençant à s’ouvrir ». Duvet moins exprimé. Arôme — pur mais plus atténué. Goût — doux avec moins d’intensité de huigan.
  • Troisième classe (三级, sān jí) : Feuilles matures prédominantes. Convient pour consommation quotidienne et assemblages.

En conclusion :

Jingtinglüxue est un thé à la généalogie rare : né sur les pentes de la « montagne poétique » la plus célèbre du Sud de la Chine, chanté par les littérateurs de Xie Tiao à Guo Moruo, perdu et ressuscité. Son arôme de châtaigne avec harmoniques d’orchidée, goût pur et doux avec huigan prolongé et fascinant « danse des flocons de neige » dans le verre transparent créent une impression qui se mémorise longtemps. Ce thé sera proche des amateurs cherchant non seulement le plaisir gustatif, mais aussi la profondeur culturelle : derrière chaque tasse de Jingtinglüxue se trouvent quinze siècles de poésie, de montagnes et de maîtrise.